Certaines clientes arrivent avec un coupon de wax rapporté de Dakar, un satin trouvé au Marché Saint-Pierre ou la soie d'une robe de famille. D'autres préfèrent que je choisisse. Les deux marchent, à condition de savoir ce que le choix du tissu change sur le prix, le délai et le résultat. Voici comment je fonctionne pour les tailleurs, les robes et les accessoires, et les pièges à éviter si vous fournissez le vôtre.
Deux options, un seul objectif
Vous fournissez le tissu. Vous l'achetez ou vous l'avez déjà. Je vous donne le métrage exact et la largeur nécessaires avant l'achat, vous me l'envoyez, je le vérifie à réception (composition, largeur, défauts, sens), et je lance la coupe.
On le choisit ensemble. Je vous propose des tissus adaptés au modèle, sur photos, puis en échantillons par la poste si vous hésitez. Je l'achète pour vous à prix coûtant, il apparaît sur la facture sans marge.
Dans les deux cas, mes prix de confection sont hors tissu. Fournir le vôtre ne baisse donc pas le prix de la façon ; ça vous fait seulement économiser le tissu lui-même, ou ça vous permet d'utiliser une étoffe qui a une histoire.

Où acheter son tissu à Paris
Le Marché Saint-Pierre et les rues autour (Dreyfus, Moline, Sacrés Coupons) restent l'endroit le plus riche de Paris, avec des prix de 5 à 80 € le mètre et des vendeurs qui savent ce qu'ils vendent. Pour la soie et les tissus de créateurs, les Coupons de Saint-Pierre et quelques boutiques du Sentier. En ligne, les sites spécialisés indiquent composition et largeur, ce qui évite les mauvaises surprises. Achetez toujours avec la composition écrite.
Les métrages à prévoir
En largeur 140 à 150 cm, qui est le standard des tissus d'habillement :
- robe courte droite : 1,5 à 2 mètres ;
- robe longue ou coupe biais : 2,5 à 4 mètres (le biais consomme beaucoup) ;
- veste de tailleur : 1,8 à 2,2 mètres, plus 1,5 mètre de doublure ;
- jupe crayon : 0,8 à 1 mètre ;
- pantalon : 1,5 mètre ;
- ceinture obi, pochette ou bob : 0,5 mètre, et les chutes d'une robe suffisent souvent.
Ajoutez 10 % pour un imprimé à raccorder (carreaux, rayures, grands motifs), un velours ou tout tissu « à sens » qui doit être coupé dans la même direction. En largeur 110 cm (beaucoup de wax et de soies), comptez 30 à 40 % de plus.
Dans le doute, envoyez-moi une photo de l'étiquette ou du coupon avant d'acheter : je vous dis le métrage précis pour votre modèle et vos mesures.
Les tissus qui marchent, par pièce
Tailleur. Laine froide, flanelle légère, prince-de-galles, pied-de-poule, gabardine, lin épais pour l'été. Ils ont de la tenue et acceptent l'entoilage. Un satin duchesse ou un jacquard donnent un tailleur de soirée.
Robe fluide. Crêpe, satin de soie ou de polyester de bonne qualité, mousseline doublée, viscose. Le biais demande un tissu souple et bien tissé.
Robe structurée ou de cérémonie. Satin duchesse, mikado, taffetas, brocart, dentelle sur doublure.
Accessoires. Presque tout : coton, wax, satin, jacquard, et surtout les chutes de votre tenue pour un ensemble assorti.
Le wax et les tissus de famille
Le wax est un bonheur à coudre pour les robes, les vestes non entoilées et tous les accessoires. Il est souvent en 110 ou 120 cm de large : comptez 30 % de métrage en plus, et prévenez-moi si le motif a un sens ou un grand rapport, pour que je le place au bon endroit sur la pièce. Un tissu de famille (la soie d'une robe de mariage, un boubou) se transforme très bien en pochette, obi ou étole, et parfois en robe si le métrage et l'état le permettent. Je vérifie toujours avant de promettre.
Demander un croquis et un prix Réponse sous 48 h, sans engagement.

Les tissus que je déconseille
Les jerseys très fins et extensibles pour un tailleur (impossible à entoiler, la veste ne tient pas). Les polyesters bas de gamme qui brillent et ne se repassent pas. Les tissus trop raides pour une robe fluide. Les coupons vendus sans composition : on ne sait ni comment ils se lavent, ni comment ils se coupent. Et les tissus achetés en deux fois, qui n'ont pas le même bain de teinture.
Si vous m'envoyez un tissu que je juge inadapté au modèle, je vous le dis avant de couper, et on trouve une solution : changer de modèle, doubler, ou changer de tissu.
Ce que je fournis toujours, même avec votre tissu
La doublure (unie, assortie), l'entoilage pour les vestes, le fil, les fermetures, les boutons, les épaulettes, les agrafes, et le tissu de toile pour l'essai. Ils sont compris dans le prix de façon. Si vous voulez un bouton ou une doublure particuliers, on en parle avant la coupe, et je les chiffre au prix coûtant.
Les pièges classiques
- Acheter trop juste. Un mètre de trop se réutilise (pochette, obi) ; dix centimètres de moins bloquent tout. Prenez toujours le métrage que je vous donne, pas moins.
- Oublier la doublure et la mercerie. Je les fournis, mais si vous voulez une doublure précise (imprimée, en soie), dites-le avant.
- Ne pas laver ou décatir. Un coton ou un lin rétrécit au premier lavage. Je décatis les tissus naturels avant la coupe ; si vous avez déjà lavé le vôtre, prévenez-moi.
- Un tissu de famille fragilisé. Une soie ancienne peut être cassante. Je la vérifie à réception et je vous dis honnêtement si elle supportera une robe portée toute une soirée.

Comment je choisis un tissu pour vous
Quand vous me laissez choisir, voici la méthode, pour que vous sachiez à quoi vous attendre.
Je pars du modèle : une robe en biais demande un tissu souple et lourd, une veste cintrée un tissu avec de la tenue, une jupe crayon un tissu qui ne se détend pas. Je sélectionne d'abord trois étoffes qui tombent bien pour ce modèle, puis on regarde les couleurs et les imprimés dans cette sélection. L'inverse (choisir un imprimé qu'on aime puis chercher quoi en faire) donne souvent des pièces qui ne tombent pas.
Le tombé avant la couleur
L'entretien
Une robe portée quatre fois par an peut être en soie ; un tailleur porté chaque semaine doit passer au pressing sans souffrir, ou mieux, à la machine en programme délicat. Je vous demande toujours comment vous allez vivre avec la pièce avant de proposer un tissu.
Les échantillons
Je vous envoie par la poste des échantillons de 10 × 10 cm des deux ou trois tissus retenus, avec le nom, la composition et le prix au mètre. Vous les touchez, vous les regardez à la lumière du jour, vous les posez contre votre peau. Le choix se fait en général en deux jours.
Le prix
Le tissu est facturé au prix coûtant, sans marge, avec le justificatif si vous le souhaitez. Mon intérêt n'est pas de vous vendre un tissu cher, c'est que la pièce soit portée et que vous reveniez.
Si vous hésitez encore entre fournir votre tissu et me laisser choisir, faites les deux : envoyez-moi une photo de ce que vous avez, je vous dis honnêtement s'il convient au modèle, et sinon je vous propose une alternative proche.
Le tissu et le prix final : deux exemples
Pour que le choix soit concret, voici ce que donnent deux commandes réelles selon que la cliente fournit le tissu ou non. Les prix de façon sont ceux de mes collections ; le tissu est au prix coûtant.
Tailleur veste et jupe, façon 480 €. Cliente A fournit 3 mètres de prince-de-galles achetés 25 € le mètre au Marché Saint-Pierre : total 480 € + 75 € = 555 €. Cliente B me laisse choisir : je propose une laine froide italienne à 38 € le mètre, 3 mètres, total 480 € + 114 € = 594 €. La différence, 39 €, c'est la différence de tissu, pas de travail. Les deux tailleurs sont coupés de la même façon.
Robe longue en biais, façon 390 €. Cliente C apporte un satin de famille, 3,5 mètres, gratuit : 390 €. Cliente D choisit un crêpe de soie à 45 € le mètre, 3,5 mètres : 390 € + 158 € = 548 €. Là, l'écart est net, et c'est exactement le cas où fournir son tissu a du sens, à condition que le satin de famille soit en bon état, ce que je vérifie avant de couper.

Dans les deux cas, la facture d'acompte indique le tissu (fourni par vous, ou acheté pour vous avec le justificatif), comme expliqué dans l'article sur le paiement d'une commande sur mesure.
Dans le doute, la photo du rouleau, de l'étiquette et d'un mètre tenu en l'air, envoyée avant l'achat, règle presque tout.
Envoyer votre tissu
Plié, dans un sac plastique fermé, avec votre nom et le modèle prévu. Une fois reçu, je vous confirme par message que tout est bon, et le délai de confection commence ce jour-là. Si vous préférez que je le choisisse, dites-moi seulement l'occasion, la couleur et le budget : je vous envoie trois propositions sous 48 heures.
Vos questions
Puis-je fournir mon tissu ?
Oui. Je vous indique le métrage et la largeur nécessaires avant l'achat, et je vérifie le tissu à réception avant de lancer la coupe.
Combien de mètres faut-il ?
Robe courte 1,5 à 2 m, robe longue 2,5 à 4 m, veste 1,8 à 2,2 m, jupe crayon 0,8 à 1 m, pantalon 1,5 m, en 140 à 150 cm de large. Plus 10 % pour un imprimé à raccorder ou un tissu à sens.
Le prix baisse-t-il si je fournis le tissu ?
Mes prix sont déjà hors tissu, donc non : vous économisez seulement le coût du tissu lui-même, que vous auriez payé à prix coûtant chez moi.
Quels tissus déconseillez-vous ?
Les jerseys très fins et les polyesters bas de gamme pour les tailleurs, les tissus trop raides pour les robes fluides, et tout tissu acheté sans savoir sa composition.
Que se passe-t-il si le tissu fourni est insuffisant ou abîmé ?
Je vous préviens à réception, avant toute coupe. On complète, on change de modèle ou on change de tissu, mais on ne coupe pas dans le doute.
Décatir, ça veut dire quoi ?
Laver ou vaporiser le tissu avant la coupe pour qu'il rétrécisse avant et pas après. Indispensable pour le coton, le lin, la viscose et le wax.
Puis-je fournir aussi la doublure ?
Oui, si vous tenez à une doublure précise. Sinon je la fournis, comprise dans le prix.
Que faire des chutes ?
Elles vous reviennent, ou elles servent à un accessoire assorti : une pochette ou une ceinture obi dans le tissu de la robe.
